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Des obus à fabriquer par millions

La guerre s'éternisant, les stocks de munitions se révèlent insuffisants. Il faut aussi rattraper la supériorité initiale allemande en artillerie lourde. Tous les moyens de production sont alors réquisitionnés pour fournir rapidement les armées en moyens de destruction toujours plus puissants en quantité monstrueuse. Ainsi, entre autres exemples en Côte-d'Or, l'usine de Montbard accroît considérablement ses effectifs, hommes et femmes, pour produire des tubes sans soudure utilisés pour les douilles d'obus ou les pistons de moteurs d'avion. L'entreprise Dhotel-Montarlot à Châtillon-sur-Seine délaisse, elle, les machines agricoles au profit des obus de 155...

Des obus à fabriquer par millions

Affiche 2e emprunt de la défense nationale (Abel Faivre, 1916)

 

Tout pour l’effort de guerre

 

L’horreur du front pousse l’homme de l’arrière dans ses derniers retranchements. Il faut produire avec les moyens du bord, se reconvertir en tirant le meilleur profit de l’outil et mobiliser au-delà du raisonnable. La Côte-d’Or devient cosmopolite, ses usines et ses terres s’adaptent à l’effort de guerre.


A compter de juin 1915, certains savoir-faire viennent à manquer dans les usines. 550 000 soldats sont renvoyés chez eux pour participer à l’effort de guerre. La Côte-d’Or voit aussi revenir des mineurs des bassins houillers de Saône-et-Loire, des menuisiers, des électriciens et autres métallurgistes.


A Vonges, les effectifs de la poudrerie passent de 282 employés avant le conflit à 2 160 le 11 novembre 1918. Loin des feux d’artifice qui font aujourd’hui son activité, l’entreprise est amenée à produire, en 4 ans, 3 400 tonnes de poudre noire, 46 000 tonnes d’explosifs chloratés et presque autant d’explosifs nitrés qui seront adressés à leur manière par les soldats français aux Allemands.


Pour répondre à la demande et aux objectifs fixés, de nouveaux ateliers font leur apparition. Mais la main d’oeuvre manque. La guerre impose son rythme et ses cadences. Les travailleurs chinois arrivent par flots à Vonges. Ils resteront jusqu’à l’Armistice puis s’en iront déminer des terrains dans l’est du pays.


Ailleurs, dans le département, des réfugiés belges et luxembourgeois, mais aussi des alliés russes, italiens et polonais ont pris le chemin des usines. Bientôt, ils seront rejoints par des travailleurs venus d’Afrique du Nord.


Des grenades chez Lacanche


Cette main d’oeuvre se retrouve parfois dans des usines reconverties. A l’opposé de la Saône-et-Loire, la Côte-d’Or, peu industrialisée, est surtout connue pour sa capacité agro alimentaire, ses faïenceries et la transformation de la pierre. Les entreprises se transforment donc pour répondre aux besoins de la Nation. A Dijon, le constructeur de machines-outils Vernet se tourne vers les tours à obus et la menuiserie Lalouette se lance dans la fabrication de crosses de fusils et… de cercueils.


Tout le monde s’engage dans la reconversion. Entre Nuits-Saint-Georges et Beaune, le cuisiniste de Lacanche fabrique ses premières grenades et ses premiers obus, repensant entièrement son outil de production. Les paysans multiplient les cultures de blé pour approvisionner les régiments. Il n’est pas rare de voir des militaires stationnés dans les villages se transformer en agriculteurs pour labourer les champs, comme à Ruffey-lès-Echirey en mars 1915. Souvent logés et nourris dans les fermes, ils se rendent utiles apportant une aide providentielle à un monde agricole alors en mal de main d’oeuvre. Les pieds dans la terre ou la tête sous la tôle, chacun à son niveau a su s’adapter pour participer au nécessaire effort de guerre.
 

Douaumont, tas de douilles d'obus de 75 devant le fort

 

 

Châtillon-sur-Seine, 7 juin 1916, entreprise Dhotel‐Montarlot, rue des Cordeliers.
Tirage papier – coll. Association Les Amis Du Châtillonnais.

 

 

 

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