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Quand les femmes remplacent les hommes

Au début du conflit, en Côte-d’Or comme ailleurs, les femmes assument les travaux agricoles à la place des hommes partis au front. La guerre se prolongeant et réclamant des moyens de destruction toujours plus considérables, la main d’œuvre féminine se trouve de plus en plus employée, notamment dans les secteurs de production fournissant l'armée. 50 000 ouvriers travaillaient dans les usines d'armement en 1914. Ils sont 1,7 million en 1918 dont près de 430 000 femmes ! Symbole côte-d’orien de cette main-d’œuvre féminine accrue, la pouponnière qui fut alors construite à l’entrée de l’usine de Montbard…

Quand les femmes remplacent les hommes

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Le règne des “munitionnettes”

 

La guerre les oblige à scier des bûches et à fabriquer des obus. D’ailleurs, quand elles font des munitions, comme à Châtillon-sur-Seine, on les appelle les « munitionnettes ». Sans elles la guerre aurait connu une autre issue. Ces femmes ont combattu en arrière-plan du champ de bataille, sur le champ du travail.

 

En août 1914, une femme sur trois travaille. Mais le conflit va redistribuer les cartes. Tantôt pelle à la main dans une usine, tantôt faux sur l’épaule dans les champs, les Côte-d’Oriennes répondent au vibrant appel du président du Conseil René Viviani: “Debout femmes françaises, jeunes enfants, filles et fils de la Patrie. Remplacez sur le champ du travail ceux qui sont sur le champ de bataille !
 

Déjà indispensables dans les hôpitaux, elles empiètent les domaines jusque-là réservés aux hommes. S’appuyant sur les conseils des aînés restés dans les villages et bénéficiant parfois de l’aide de militaires en stationnement, on les voit moissonner le blé et l’avoine, puis l’orge au printemps, avant de récolter les pommes de terre.
 

En 1915, à Ruffey-lès-Echirey, cette dernière récolte sera ainsi particulièrement généreuse alors que les vendanges ne fourniront qu’en petite quantité un vin toutefois de bonne qualité. Il n’en sera pas de même dans les années à suivre. Tenant les chevaux, sciant les bûches, coupant à la serpe le petit bois, nos travailleuses de force entretiennent les terres agricoles qui nourrissent la patrie et rejoignent les usines qui oeuvrent pour la défendre.


Des revendications

 

Si les femmes qui travaillent dans les usines s’arrêtaient vingt minutes, les Alliés perdraient la guerre” aurait même déclaré le Maréchal Joffre, depuis son quartier général installé à Châtillon-sur-Seine. Dans la ville, l’usine Brun voit partir sur le front la majorité de ses ouvriers. L’activité de fonderie et d’aciérie est très sollicitée, l’entreprise fait alors appel à de nombreuses femmes pour fabriquer les millions d’obus qui sortiront des entrepôts entre 1914 et 1918. On les appelle les “munitionnettes”. Elles représentent 25 % de la main d’œuvre d’armement française au moment de l’Armistice.
 

À Montbard, des jeunes filles d’à peine 13 ans rejoignent les lignes de travail de la Société Métallurgique. Relevant leurs manches, elles accomplissent les tâches les plus dures et se battent pour la reconnaissance de leur travail, comme en avril 1917. À l’occasion de la visite d’un leader métallurgiste à Dijon, les femmes des ateliers militaires de la route de Plombières se mettent en grève et réclament des hausses de salaire, des indemnités de vie chère et “la semaine anglaise” avec ses deux jours de repos.
 

Après négociations, elles obtiennent un congé hebdomadaire et une augmentation. Suite à ce mouvement, d’autres tractations suivront à Montbard, Châtillon-sur-Seine et dans l’Auxois. Qu’elles soient infirmières, ouvrières ou paysannes, les femmes de Côte-d’Or contribueront ainsi à la victoire finale.
 

Paris, 7 août 1914, appel du Président du Conseil René Viviani aux femmes de France

 

Châtillon-sur-Seine, 14 juin 1917, fonderie Brun, Les tamiseuses de sable de l'atelier de moulage mécanique.
Tirage papier – coll. Association Les Amis Du Châtillonnais.

 

 

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